La silhouette
Un vêtement blanc et une allure presque angélique.
Une clochette tinte, une silhouette blanche apparaît, quatre bougies éclairent une couronne de feuillage. Le Christkindel appartient à ces personnages que l’on décrit mieux par une atmosphère que par un portrait figé.
Le Christkindel est souvent présenté comme une jeune figure vêtue de blanc, couronnée de feuillage et de lumière. Son nom signifie littéralement « enfant Christ », mais sa représentation a évolué jusqu’à prendre l’apparence d’un être presque angélique. Dans les récits alsaciens, il se déplace le soir de Noël et apporte friandises ou cadeaux aux enfants sages. Sa venue est annoncée par une clochette plutôt que par le bruit d’un traîneau.
Au XVIe siècle, la Réforme protestante remet en question le culte des saints. Dans plusieurs régions germaniques, le Christkind prend progressivement la place de Saint-Nicolas comme porteur de cadeaux. À Strasbourg, la ville interdit le marché de la Saint-Nicolas et instaure en 1570 un marché de l’Enfant Jésus : le Christkindelsmärik.
La transformation ne fait pourtant pas disparaître tous les personnages précédents. En Alsace, traditions catholiques et protestantes se côtoient et se répondent. Saint-Nicolas demeure très présent le 6 décembre, tandis que le Christkindel appartient davantage à la nuit de Noël. Les usages se superposent plutôt qu’ils ne s’effacent complètement.
Le costume du Christkindel concentre plusieurs symboles. Le blanc évoque la lumière et l’innocence. La couronne de sapin rappelle la végétation qui demeure verte au milieu de l’hiver. Les quatre bougies renvoient au temps de l’Avent. Dans les représentations traditionnelles, le personnage avance avec lenteur et retenue.
Cette lumière devait autrefois être réelle, donc fragile. Elle exigeait une démarche prudente et donnait à l’apparition un caractère saisissant. Les spectacles contemporains utilisent des dispositifs plus sûrs, mais conservent cette impression : une présence silencieuse se détache dans l’obscurité et suspend un instant l’agitation de la fête.
Le Christkindel ne remplit pas l’espace. Il apparaît brièvement, dans le blanc et la lumière, puis laisse derrière lui le souvenir d’un tintement de clochette.
Un vêtement blanc et une allure presque angélique.
Du feuillage de sapin portant traditionnellement quatre lumières.
Une clochette qui annonce discrètement son passage.
Le Christkindel n’a jamais eu une apparence absolument fixe. Selon les lieux et les époques, il se rapproche de l’enfant Jésus, d’un ange ou d’une jeune femme lumineuse. Cette ambiguïté explique peut-être sa force. Il ne possède pas la personnalité familière du Père Noël ; il reste une apparition.
Dans les fêtes villageoises, les contes et certaines parades, il continue de côtoyer Saint-Nicolas et Hans Trapp. Ensemble, ces personnages donnent à Noël en Alsace une profondeur particulière. Derrière les marchés et les illuminations subsiste tout un théâtre de l’hiver, peuplé de figures bienveillantes, inquiétantes ou mystérieuses.
Retrouver le nom historique du marché créé en 1570 et parcourir les places de la vieille ville.
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